Pourquoi faut-il préparer sa retraite ? Les conseils d'Aliette Armel

La retraite ne se prépare pas qu’au plan financier, et pour pleinement la goûter, il faut aussi savoir l’anticiper. Invitée du deuxième podcast Préfon consacré à « La retraite, une nouvelle vie », Aliette Armel, ancienne critique au Magazine Littéraire, auteure du guide « Bientôt la retraite », explique comment.

La retraite est un événement attendu, souvent espéré. Pourquoi donc faut-il s’y préparer comme à une épreuve ?

Certes, il ne s’agit pas de remporter une victoire mais s’il n’y a pas obligation à « réussir » sa retraite, mieux vaut néanmoins qu’elle soit heureuse. Cette plénitude est déclinable selon un nombre illimité de versions – vacuité comprise – mais encore faut-il qu’elles soient choisies. Or, rester maître de ses choix exige d’anticiper pour bien appréhender ce qui attend - le rapport au conjoint, aux enfants et plus généralement au monde sera forcément différent – se demander vers quoi on veut aller – qu’ai-je envie de faire ou de transmettre ? - et analyser les moyens dont on dispose pour réaliser ces désirs : une formation peut, par exemple, s’avérer nécessaire. Le dépôt de la demande de retraite, six mois avant le départ, est le bon moment pour déclencher ce processus intérieur, en se posant une série de questions pratiques : où vais-je habiter ? De quoi ai-je envie ? En ai-je les moyens ? Etc.

Quels sont les plus gros écueils à éviter ?

Il y a d’un côté l’incapacité à se créer son propre cadre d’activités et, de l’autre, son pendant, l’hyper activité. Mieux vaut aussi renoncer aux rêves impossibles, comme devenir un artiste plasticien de renommée internationale ! Enfin, s’il ne faut surtout pas se refermer sur soi-même, attention à ne pas s’oublier dans l’envie des autres, par exemple en se mettant totalement à disposition de ses petits-enfants ! La retraite a été conçue pour offrir un temps plus calme à des personnes qui ne sont plus en capacité d’assumer un rythme dit « actif » : il faut l’accepter et oser être soi-même, en dehors de toute injonction sociale ou sociétale. L’objectif est de rester dans la meilleure santé physique et psychologique possible.

Quatre ans après la sortie de votre ouvrage, des choses ont-elles changé ?

La pandémie a transformé le regard que la société porte sur les plus de 65 ans, voire le regard que ceux-là portaient sur eux-mêmes. Cette catégorisation par l’âge a d’abord percuté les efforts d’inclusion conduits de part et d’autre depuis des années. Mais, en creux, la crise a également réaffirmé le rôle majeur des retraités dans l’économie quotidienne, que ce soit auprès de leurs petits-enfants ou par leur engagement bénévole au service de la cité. COVID-19 ou non, la retraite n’est que la première étape d’une transition que l’on doit continuer de construire, en cohérence avec son image et ses désirs, dans l’ouverture vers les autres.