Rapport de gestion et indicateurs ESG 2020 : Préfon fait le point sur l’année passée

Comme chaque année, Préfon publie son rapport annuel de gestion, ainsi que plusieurs indicateurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). L’occasion de faire le point sur l’actualité du régime, sa situation comptable et financière, mais aussi son engagement (en matière d’investissement socialement responsable notamment).

Au 1er janvier 2021, la valeur de service de Préfon-Retraite a augmenté de 0,21 %, ce qui couvre l’inflation de l’année écoulée mais se situe en-deçà de l’inflation prévue pour 2021 (0,6 %). La prise en compte du taux technique implicite, qui traduit la « revalorisation réelle » des pensions, montre néanmoins une revalorisation des points achetés de 1,2 % en moyenne dans la dernière décennie. Les cotisations sont restées stables par rapport à l’an dernier (291 millions d’euros), tandis que les prestations ont gagné 8 %, pour atteindre 533 millions d’euros. Cette augmentation est notamment à relier au lancement des PER (Plans d’épargne-retraite), qui facilitent la sortie en capital au moment du départ à la retraite.

Dans le contexte de pandémie, le nombre des nouvelles affiliations a diminué. Le nombre d’allocataires a quant à lui connu une hausse : le régime Préfon-Retraite compte ainsi 399 600 allocataires et cotisants (en légère augmentation par rapport à 2019). La cotisation moyenne en 2019 s’élève à 1 170€, tandis que la rente moyenne atteint 3 300€.

Sur le plan financier, le taux de couverture réglementaire des engagements, qui vérifie que les assureurs peuvent faire face à leurs engagements et aux aléas, demeure robuste. Il s’établit à 119,6 % au 31 décembre 2020, pour une performance annuelle de 6,82%. Les investissements sont effectués à plus des trois quarts dans la poche dite « taux, trésorerie et liquidités » (qui comprend majoritairement des obligations), tandis que la poche dite diversification (actions, immobilier et infrastructure notamment) cumule un peu moins de 21 % de l’allocation globale. Ces proportions sont conformes à la politique d’investissement définie avec les assureurs de Préfon-Retraite. La gestion active du portefeuille a amené à diriger une partie significative des flux d’investissements de l’année vers les actifs non-cotés tels que les infrastructures. Le secteur public représente 84 % des émetteurs du portefeuille obligataire, tandis que le secteur privé représente les 16 % restants. 80 % des obligations souveraines détenues par Préfon-Retraite sont émises par la France, tandis que la géographie des investissements en actions reste largement concentrée sur l’Union européenne (44 % du portefeuille est situé en France et 38 % en Europe hors France).

À côté des aspects financiers, la stratégie d’investissement du régime vise aussi une performance extra-financière, en prenant en compte les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont pris en compte. En 2020, la note ESG du portefeuille a connu une nette amélioration (+1,4 point) pour atteindre 57,9 sur 100, un score bien supérieur à la performance moyenne pour l’univers de notation similaire à celui du régime, qui s’établit à 39 sur 100.

Outre le suivi des performances, Préfon cherche également à mesurer certains effets concrets des investissements réalisés, au-delà des seuls aspects financiers. Six indicateurs de suivi, qui portent également sur ces trois piliers, ont été instaurés en 2012. Ils font l’objet d’un bilan, publié chaque année.

L’exercice 2020 montre que les résultats tendent à s’améliorer pour les six indicateurs. Sur le plan environnemental, l’encours d’obligations vertes (destinées à lutter contre le changement climatique) a bondi de 83 %, pour atteindre 271 milliards d’euros. Sur le plan social, 60 % des entreprises détenues en portefeuille ont vu leurs effectifs augmenter. Sur le plan de la gouvernance, la part des entreprises pour lesquelles la rémunération des dirigeants prend en compte des critères ESG est devenue majoritaire : elle est passée de 40 % à 52 % en l’espace de quatre ans.

Cette année, les performances extra-financières du portefeuille d’obligations souveraines du régime Préfon-Retraite ont également été comparées à la moyenne européenne, ici aussi à l’aide d’une sélection d’indicateurs dans les trois dimensions ESG. Les performances du régime sont supérieures à la moyenne de l’Union européenne pour la plupart des indicateurs, tels l’intensité énergétique de l’économie (mesurée en kilogrammes équivalent pétrole par millier d’euros de croissance économique) ou le poids des dépenses d’éducation dans le budget de l’État. Deux indicateurs affichent des scores plus faibles : la part d’énergies renouvelables et le chômage de longue durée. La part d’énergies renouvelables, légèrement en retrait, s’explique par le poids, dans le portefeuille, de pays où ces énergies restent en-deçà de la moyenne, comme la France, l’Espagne où l’Italie. L’atteinte des objectifs de parts d’énergies renouvelables nécessitera de nouveaux investissements au cours des prochaines décennies. De même, le niveau relativement élevé de chômage à longue durée peut indiquer un besoin de financements en matière d’accompagnement social et de retour à l’emploi.