Quels engagements de la finance durable à l’occasion de la COP26

Si le bilan multilatéral de la conférence des parties sur les changements climatiques, qui s’est achevée à Glasgow le 12 novembre, est généralement considéré comme maigre, le secteur financier s’est illustré par une multiplicité d’initiatives en faveur du climat lancées ou mises en avant pendant cette période. Quels sont les critères pour juger de leur niveau d’exigence ?

La COP26 a largement déçu les attentes vis-à-vis de la communauté internationale et l’inaction des États a été durement critiquée, ainsi que l’insuffisance des financements d’atténuation et d’adaptation pour les États vulnérables et les pays du Sud. Plusieurs déclarations de groupes de pays dépassent néanmoins les conclusions de la COP, comme la coalition pour la fin des subventions à l’exploitation des énergies fossiles dès 2022, rejointe notamment par la France, les déclarations sur la réduction des émissions de méthane, sur la fin du financement de projets liés à la déforestation, ou encore la coalition sur la sortie du charbon.

Le secteur privé a de son côté pris un certain nombre d’engagements volontaires, que les partisans d’une finance durable exigeante appelaient de leurs vœux pour montrer que s’aligner sur l’objectif de +1,5°C de réchauffement appelle des actes concrets. Sous l’égide de l’Initiative financière du Programme des Nations unies pour l’environnement (Unep-FI), l’Alliance des investisseurs pour la neutralité carbone (AOA), regroupant des acteurs détenant 9.000 Mds€ d’actifs sous gestion, vise à conduire dans cette trajectoire les entreprises présentes dans leurs portefeuilles. Pour le régime Préfon-Retraite, CNP Assurances, AXA et Allianz en sont membres. Présents sur tous les continents, les investisseurs membres de l’Alliance se fixent des objectifs de décarbonation à l’horizon 2050, avec des étapes quinquennales soumises à un conseil scientifique, la première intervenant en 2025.

D’autres coordinations ont repris cet objectif de neutralité carbone, mais peu se dotent d’objectifs intermédiaires comme l’AOA. Une autre critique faite à ces coalitions est la mise sur le même plan de la réduction effective des émissions de gaz à effet de serre et de mécanismes de compensation d’émissions existantes. Le rapport 2021 de l’Agence internationale de l’énergie montre pourtant que le levier des investissements dans les énergies fossiles est clé pour espérer atteindre les 1,5°C. Pour l’AOA, la neutralité carbone ne peut reposer que marginalement sur la captation de carbone.

Plusieurs initiatives de place françaises visent à compléter ces engagements climatiques, sur des thématiques précises, de façon à ne pas laisser de côté l’articulation entre les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance. C’est le cas de la Coalition pour une transition juste, initiée par Finance for Tomorrow, qui vise à appuyer les investisseurs dans l’évaluation de leur contribution aux aspects sociaux de la transition énergétique et écologique, dont Préfon est membre observateur. Partant du constat que les investisseurs se doivent désormais de démontrer la contribution positive des financements qu’ils consacrent à l’économie et la société, la déclaration de soutien au développement de la finance à impact s’inscrit dans la même perspective de structuration et d’exigence, raison pour laquelle Préfon la soutient aussi.

Nécessaires mais pas suffisants, au-delà des acteurs qu’ils obligent désormais, ces engagements sont autant de signaux montrant aux États qu’il est possible d’agir au bénéfice de l’économie et de la société face à l’urgence climatique.